| Les premiers franchissements
de la Seine par des ouvrages fixes
remontent à l’époque
gallo-romaine. L’axe créé
par le pont Notre-Dame et le Petit
Pont, permettant tous deux de relier
l’île de la Cité
aux rives nord et sud, est le premier
axe formé dans la continuité
de l’ancien cardo romain , évoqué
par César dans la
Guerre des Gaulles.
Au Moyen Âge, Paris compte
plusieurs ponts en bois, ainsi qu'en
pierre, matériau plus résistant
mais plus coûteux. Dès
la fin du XVIème siècle,
apparaît une nouvelle sorte
de ponts, les ponts habités
: des maisons et des boutiques sont
édifiées sur leur dos,
et des moulins sont construits sur
leurs piles — permettant ainsi
d'utiliser la vitesse du courant.
En dépit de son nom, le Pont-Neuf
(1578-1607) est le plus ancien de
Paris. Commandé par Henri
III et conçu en partie
par son architecte Baptiste Androuet
du Cerceau, sa construction connaît
une longue interruption pendant les
guerres
de Religion. Il est achevé
et inauguré par Henri
IV en 1607. Il est orné
d’une corniche portée
par 384 mascarons. Lors des grands
travaux de réaménagement
effectués au milieu du XIXème
siècle, les petites boutiques
installées dans les demi-lunes
de chaque pile disparaissent, et les
candélabres dessinés
par Victor Baltard sont élevés
dans un souci de sécurité.
Avec le pont Marie (1614-1635), le
pont Royal est l’un des plus
anciens ponts de Paris. Conçu
par Jules Hardouin-Mansart et réalisé
en 1685 par Jacques IV Gabriel, sa
conception en maçonnerie (arches
en anse de panier soulignées
par une corniche filante) est novatrice.
Dès la seconde moitié
du XVIIIème siècle,
de nouveaux progrès techniques
se font jour : le pont n’est
plus calculé comme une simple
proportion géométrique,
mais il est dessiné en fonction
des charges. |
Le pont de la Concorde,
construit par Jean-Rodolphe Perronet
(fondateur de l’École
des ponts et chaussées) est
achevé en 1791. Ses arches
sont adossées les unes aux
autres, permettant ainsi de réduire
l’importance des piles et de
les surbaisser davantage.
Le pont des Arts, construit en 1802-1804
par les ingénieurs Louis-Alexandre
de Cessart et Jacques Dillon, est
le premier ouvrage métallique
d’une telle envergure réalisé
en France. De légères
arches en fonte supportent une plate-forme
horizontale qui forme une promenade
réservée aux piétons.
Détruit en 1981, le pont des
Arts est remplacé par une copie
en acier présentant des arcs
élargis pour permettre le passage
des péniches.
La régularisation du cours
de la Seine sous le second Empire
entraîne la reconstruction ou
la création de 15 ouvrages
(5 métalliques et 10 en maçonnerie).
Le pont d’Arcole, également
l’un des plus anciens ponts
en fer construits en France, présente
une seule arche surbaissée
de 90 m. Il a été
réalisé en 1854-1855
par l’ingénieur Oudry.
Le Pont-au-Change, édifié
en 1859 par les ingénieurs
La Gallisserie et Vaudrey, comporte
trois arches elliptiques en maçonnerie.
Son décor — un «
N » (initiale de Napoléon)
dans une couronne de laurier —
répond à celui du pont
Saint-Michel (1857).
Le pont de Bercy, qui repose sur cinq
arches en pierre, date de 1864. Au
début du XIXème siècle,
il est surmonté d’un
viaduc en pierre pour permettre le
passage du métro. Son architecture
servira de modèle au pont Bir-Hakeim
(1903-1905), ouvrage à deux
étages associant voie ferrée
et voie routière.
L’un des ponts les plus ornés
de Paris est le pont Alexandre III.
Construit pour l’Exposition
universelle de 1900, il célèbre
de son nom l’amitié franco-russe.
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Les ingénieurs
Jean Résal et Amédée
Alby ont conçu un arc en acier
d’une seule portée très
surbaissée.
L’extension territoriale de
la capitale impose la reconstruction
de la quasi-totalité des ponts
anciens, ainsi que l’édification
de nouveaux ouvrages d’art,
dans la continuité du processus
engagé au XIXème siècle.
Ils bénéficient des
innovations techniques apportées
par le XXème siècle.
Par exemple le béton qui, dès
les années trente, remplace
l’acier ou la pierre pour la
construction et l’élargissement
d’anciens ponts. Il sera employé
dans la fabrication des piles du nouveau
pont de l’Alma en 1970.
Le pont Charles-de-Gaulle, terminé
en 1996, permet de relier les gares
de Lyon et d’Austerlitz et de
réunir le quartier de Bercy
développé autour du
palais omnisports de Bercy (1983),
ainsi que le ministère des
Finances (1988), au quartier Seine-Rive-Gauche
qui englobe la bibliothèque
François-Mitterrand (1995).
Les architectes Louis Arretche et
Roman Karasinski ont imaginé
pour ce pont un tablier fin et parfaitement
horizontal, évoquant une aile
d’avion.
La dernière réalisation
parisienne est la passerelle de Solférino,
inaugurée en 1999 et réservée
aux piétons. Conçue
par l’architecte et ingénieur
Marc Mimram, vainqueur du concours
international, elle comprend une seule
arche en métal de 106 m de
portée, construite dans l’axe
des rues de Castiglione (Ier arrondissement)
et de Solférino (VIIe arrondissement),
permettant de relier le musée
d’Orsay au Jardin des Tuileries
en remplacement de l’ancien
pont datant du XIXème siècle. |