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Passages couverts - Bourse


La Bourse est aussi connue sous le nom de palais Brongniart. C'est en effet à cet architecte que l'on doit l'édification de 1808 à 1826 de ce monument de style néoclassique au péristyle de colonnes corinthiennes, remanié de 1902 à 1907 avec l'ajout de deux ailes. Décédé en 1817, Alexandre Théodore Brongniart ne vit pas l'achèvement de son œuvre la plus connue. Depuis 1987, la célèbre corbeille a disparu pour être remplacée par des technologies plus adaptées au monde moderne.
Le passage des Panoramas a été créé par James Thayer en 1799 et il doit son nom aux vues peintes ornant des rotondes qui donnaient aux spectateurs placés au centre l'illusion de se trouver au cœur du décor (rotondes démolies en 1831). Dès 1816, c'est le premier passage éclairé au gaz. En 1834, il s'adjoint les galeries Saint-Marc, Feydeau, Montmartre et des Variétés. Philatélistes, boutiques de mode, petits cafés et restaurants rapides se succèdent tout au long de ce passage où subsistent aussi des institutions comme le graveur Stern, installé là depuis le milieu du XIXème siècle.
Le musée Grévin est certainement l'un des musées parisiens les plus célèbres. Conçu en 1881 par Arthur Meyer, directeur du Gaulois, et le dessinateur caricaturiste Alfred Grévin, il fut inauguré le 10 janvier 1882. Outre les grandes scènes historiques, ce musée expose les statues de cire des vedettes du moment dans les domaines du sport, du cinéma et de la chanson. Le théâtre fut créé en 1900 et décoré par Bourdelle et Chéret. Enfin, l'attraction du palais des Mirages a été créée pour l'Exposition universelle de 1900, le passage Jouffroy ouvert en 1846. À leur sortie du passage des Panoramas, les promeneurs traversaient naturellement le boulevard Montmartre et s'y engouffraient. Les architectes usèrent du fer et du verre pour construire cette galerie alors innovante. Outre l'entrée du musée Grévin, on peut voir dans ce passage des librairies spécialisées, une jolie boutique de jouets et l'hôtel Chopin, survivance de l'époque de sa splendeur. Ouvert en 1847, le passage Verdeau a été aménagé dans le prolongement du passage Jouffroy, mais il est beaucoup moins fréquenté. Librairies spécialisées, antiquaires, etc., proposent tout ce qu'il faut pour satisfaire les vrais collectionneurs.
Depuis la disparition en 1972 du Gaumont-Palace, boulevard de Clichy, le Grand Rex reste le seul vrai temple du cinéma parisien : construit en 1931 par Bluysen et Eberson sur le modèle des salles américaines «atmosphériques» et inauguré le 8 décembre 1932, il étonne par sa façade si particulière, type pièce montée, sa vaste salle abritant 2 800 places sous une voûte étoilée où la scène peut accueillir des spectacles musicaux (Julien Clerc, Jacques Higelin ou Tom Waits). Le décor hispano-antique séduit autant que les attractions présentées à Noël (féerie des eaux). Ce lieu est agréablement démodé à notre époque de "complexes multisalles"...
Construite entre 1823 et 1830 par Hippolyte Godde, l'église Notre-Dame-deBonne-Nouvelle n'a conservé du précédent édifice du XVIIème siècle que le clocher.
La porte Saint-Denis fut construite en 1672 par François Blondel pour saluer les victoires militaires du Roi-Soleil. Avec ses 23 m de hauteur, elle marquait l'entrée de Paris au moment où Louis XIV faisait abattre les fortifications, créant ainsi les futurs Grands Boulevards. Suite à la chute d'une pierre de la corniche en 1993, la porte Saint-Denis est aussitôt restaurée : cinq années de travaux et vingt millions de francs ont été nécessaires pour lui redonner tout son lustre.
Le passage du Prado établit la liaison entre le court boulevard Saint-Denis et la rue du Faubourg-Saint-Denis. De son passé (il a été percé en 1785), le passage a conservé ses arcs-double de style Art déco. De nos jours, cafés, ateliers et boutiques de vêtements sont tenus pas les Pakistanais : dépaysement assuré.
Coupé en deux par le boulevard de Strasbourg, le passage Brady abrite sous ses verrières rafistolées des boutiques populaires et des restaurants tenus par les Indiens qui ont annexé ce territoire de Paris pour en faire un espace pittoresque et exotique qui mérite absolument un détour (passage ouvert la nuit).
La porte Saint-Martin fut élevée en 1674 par Pierre Bullet dans le même esprit que la porte Saint-Denis décrite plus haut. Avec ses 18 m de haut, elle célèbre les victoires de Louis XIV en Franche-Comté.
Le conservatoire national des Arts et Métiers, fondé par la Convention le 10 octobre 1794. est installé sur l'emplacement de l'ancienne et prestigieuse abbaye Saint-Martin-des-Champs. Fondé vers 1060 par Henri 1er, ce prieuré clunisien fut le plus important de cet ordre au nord de la Loire. Il en subsiste le magnifique réfectoire des moines (43 m de long sur 12 m de large), sans doute réalisé par Pierre de Montreuil avant 1250, abritant aujourd'hui la bibliothèque, et l'église Saint-Martin-des Champs, édifice gothique du XIIème siècle où l'ogive est peut -être apparue pour la première fois à Paris, élevé sur des bases romanes mais dont la façade néoflamboyante date du XIXème siècle : on y visite un musée fondé en 1802 et qui présente de riches collections retraçant les inventions techniques du XVIème siècle à nos jours dans tous les domaines: des télécommunications à l'astrologie, en passant par l'agriculture et le textile. On peut y voir ainsi le laboratoire de Lavoisier, la machine arithmétique de Pascal, des automates signés Vaucanson, etc. Ce musée a été réorganisé au cours de l'année 2000 (entrée au 1, rue Vaucanson).
Ancienne chapelle jouxtant le prieuré de Saint-Martin-des-Champs, l'église de Saint-Nicolas-des-Champs fut érigée en paroisse en 1184, puis reconstruite au XVème siècle, avant de présenter son allure actuelle élaborée au cours du XVIIème siècle, mêlant ainsi les styles gothique flamboyant (façade rue Saint-Martin) et Renaissance (portail rue Cunin-Gridaine, inspiré de Philibert Delorme). L'intérieur abrite le seul retable parisien ayant échappé à la tourmente révolutionnaire : cette merveille est ornée de deux toiles de Simon Vouet (l'Assomption et les Apôtres au tombeau de la Vierge, 1629) et de stucs sculptés par Jacques Sarrazin.
Pour rejoindre le passage du Ponceau, il faut traverser le charmant square Émile Chautemps, sans négliger sur la gauche les belles arcades de la façade de l'ancien théâtre de la Gaîté-Lyrique (3 bis, rue Papin), réalisé en 1862 par Cuzin et Hittorff. Dès 1873, Offenbach en fit un des hauts lieux de l'opérette parisienne. L'étroit passage du Ponceau (boutiques de vêtements, restaurants) permet de rejoindre la très animée rue Saint-Denis.
Le passage du Caire a été ouvert en 1798, dans un quartier où la toponymie rend essentiellement hommage aux conquêtes de Bonaparte. Cet étroit boyau de 370 m de long est le domaine de la confection.
La rue Montorgueil a subi une importante restauration entre 1991 et 1994 : les piétons peuvent désormais flâner dans un décor urbain agréablement rénové dans le cadre du programme des «quartiers tranquilles» entamé par la Mairie de Paris.
Le passage du Grand-Cerf est une ancienne cour recouverte d'une verrière en 1824. Reconstruit à l'identique en 1988, ce beau passage bordé de boutiques chic est remarquable par sa verrière haute de 12 m et ses poutrelles qui ornent des petits ponts reliant les étages supérieurs.
Au n° 20 de la rue Étienne-Marcel, la tour Jean-sans-Peur demeure le seul vestige de l'hôtel de Bourgogne et l'un des derniers témoignages de l'architecture féodale à Paris. Elle avait été construite vers 1410 pour Jean sans Peur, ce dernier redoutant alors la vengeance de la veuve du duc d'Orléans, qu'il avait fait assassiner le 24 novembre 1407.
La place des Victoires doit son existence à la volonté du duc de La Feuillade, fervent admirateur du Roi-Soleil, de dédier à celui-ci une place ornée d'une statue suite à la paix de Nimègue (1678).
Dessinée par Jules Hardouin-Mansart et inaugurée en 1686, mais mutilée plusieurs fois par la suite, notamment par le percement en 1883 de la rue Étienne-Marcel, la place des Victoires abrite une statue équestre de Louis XIV réalisée en 1822 par François Joseph Bosio, et qui semble présider aux destinées des boutiques de mode et de haute couture qui l' entourent.
La basilique Notre-Dame-des-Victoires demeure le seul vestige du couvent des Augustins (d'où le nom de la place des Petits-Pères), démoli en 1859. Louis XIII en posa la première pierre le 9 décembre 1629, mais elle ne fut achevée qu'en 1740. Depuis 1836, cette église classique est consacrée au Très Saint et Immaculé Cœur de Marie et fait l'objet de fréquents pèlerinages (plus de 35 000 ex-voto recouvrent les murs). Elle abrite aussi un ensemble remarquable de peintures réalisées entre 1745 et 1756 par Carle Van Loo.
L'ensemble formé par les galeries Vivienne et Colbert figure parmi les plus beaux passages parisiens. Aménagées entre 1823 et 1826, ces galeries étaient aussi fréquentées que le passage des Panoramas, en particulier grâce à la proximité du Palais-Royal. Initialement très mondaine, la galerie Vivienne déclina vite face à la concurrence des Grands Boulevards et faillit même disparaître au cours des années soixante. Rénovée, elle accueille de nouveau d'élégantes devantures : hormis la librairie Jousseaume, installée là depuis l'ouverture de la galerie, et un salon de thé, on trouve une boutique Jean-Paul Gaultier. Sœur ennemie de Vivienne, la galerie Colbert fut conçue pour concurrencer cette dernière en offrant des boutiques proposant plus de choix et un décor encore plus raffiné. Ainsi, la belle rotonde couverte d'un dôme vitré de 15 m de haut, témoignage splendide d'une époque. Cela n'empêcha pas son déclin inéluctable, sa faillite et sa fermeture en 1975. Reconstruite par la suite, elle appartient à la Bibliothèque nationale dont elle abrite la boutique. On peut y déguster un café dans le célèbre Grand Café Colbert, un établissement au charme résolument suranné.
Les rues de Richelieu, Colbert, Vivienne et des Petits-Champs délimitent un vaste quadrilatère occupé par la Bibliothèque nationale, une institution issue de la sédentarisation de la Bibliothèque royale en 1666 par Colbert. Auparavant, celle-ci suivait son roi depuis sa création par Charles V dans une tour du Louvre en 1373... Louis XII l'installa à Blois et l'inventeur du dépôt légal, François 1er, à Fontainebleau, etc. En 1724, la Bibliothèque nationale élit domicile dans une partie de l'hôtel de Nevers. Dès lors, les constructions et les aménagements vont s'agréger ici pour absorber le flot de livres et de documents : le décret du 3 janvier 1994 institue la fusion de l'ancienne bibliothèque avec l'établissement public chargé de construire la Très Grande Bibliothèque de Tolbiac, achevée en 1998. Finalement, l'ensemble englobe aujourd'hui des œuvres de Mansart (1645), dont la fameuse galerie Mazarine, auxquelles s'ajoutent des extensions de Robert de Cotte (à partir de 1731) et la célèbre réalisation de Labrouste (salle de lecture des imprimés, 1854/1875).
Au n° 40, rue des Petits-Champs, s'ouvre le passage Choiseul, une agréable galerie bordée de boutiques variées. Son histoire remonte à 1827 et elle résulte, bien sûr, d'une fructueuse opération immobilière. On la retrouve évoquée de manière assez critique sous le nom de passage des Bérézinas par Louis Ferdinand Céline (dans Mort à crédit, 1936) : la mère de ce dernier y avait une boutique au n° 64 et le futur écrivain y passa une partie de son enfance.

 


Apparus au XVIIIème siècle, les passages ont eu leur grande vogue au début du XIXème siècle. Conçus comme des raccourcis entre les rues, ils furent aménagés pour retenir les passants avec des boutiques et des vitrines. Passages et galeries n' entrèrent pas dans le grand chambardement haussmannien. Le préfet voyait d'un mauvais œil ces boyaux obscurs charriant des foules plus ou moins malsaines, l'époque étant au développement des grands magasins le long des Grands Boulevards bien dégagés. Il n'en reste qu'une vingtaine à Paris et chacun d'eux reflète l'atmosphère du quartier où il subsiste. Le luxe désuet des galeries Véra-Dodat ou Vivienne irriguant les quartiers chic s'oppose auxvitrines indiennes des passages du Prado ou du Brady, au cœur d'un Paris encore populeux.


Sous le second Empire, la restauration parisienne évolue. Les brasseries se multiplient, grâce à l'arrivée à Paris de nombreux émigrants d'Alsace-Lorraine dès 1870 et le boucher Duval invente la formule pas chère du
«bouillon» qui séduit de plus en plus de Parisiens, lui permettant de créer une véritable chaîne de restaurants bon marché. Camille et Édouard Chartier ouvrent leur premier restaurant en 1895 en reprenant la formule gagnante du pot-au-feu pas cher servi avec son bouillon, mais ils innovent en le servant dans un cadre raffiné et de beaux décors. Au 7, rue du Faubourg-Montmartre, ce restaurant Chartier reste le seul à perpétuer le principe du menu pas cher dans un cadre qui vaut à lui seul le détour - il est inscrit à l'inventaire des Monuments historiques depuis 1989. Ce restaurant ne désemplit pas !

Au 39, boulevard deStrasbourg, le cinéma Le Brady résiste! Cet ancien temple de la série B, menacé de fermeture depuis trente ans, appartient depuis 1994 au cinéaste Jean-Pierre Mocky qui lui a redonnéune nouvelle jeunesse. On peut y voir les bons vieux films que la salle programmait jadis comme les œuvres du maître des lieux, seul vrai franc-tireur du cinéma français. Le Brady est désormais le seul endroit de Paris où l'on peut voir des Mocky.


Le célèbre théâtre des Variétés avait été créé par Mlle Montansier au Palais Royal en 1790 mais avait été prié de déménager sur ordre de Napoléon 1er pour concurrence
déloyale envers la Comédie Française voisine... Un nouveau théâtre fut construit au 7, boulevard Montmartre et inauguré le 24 juin 1807. Les pièces à succès se succèdent depuis dans ce temple du vaudeville.
Kean de Dumas père y fut monté en
1836 et Offenbach y créa
la Belle Hélène en 1864.

 

 

 
 
 
 
 
 
 
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