L’édifice actuel
est l'aboutissement d'évolutions et
de transformations continues. Elles commencent
en 1190, sous le règne de Philippe
Auguste, par l'édification d'une forteresse
visant à renforcer la défense
de Paris. Pendant deux siècles, le
Louvre est un donjon entouré de tours
et de fossés, ce qui permet d'ajouter
à son rôle premier ceux de prison
et d'arsenal. Des vestiges de cette forteresse
primitive (notamment les murs d'enceinte)
ont été dégagés
lors des fouilles préalables à
la réalisation du projet du Grand Louvre,
à la fin du XXème siècle.
Des constructions au-dessus du sol il ne reste
rien : seuls certains tableaux de l'époque
permettent d'en deviner l'aspect . Au XIVème
siècle, Charles
V fait du Louvre sa résidence royale,
mais ses successeurs ne consacrent pas cette
utilisation.
Le règne de François
Ier marque la naissance du palais actuel.
En août 1546, le prince de la Renaissance
décide de faire raser la forteresse
médiévale au profit d’un
luxueux château dans le style de ses
résidences de Fontainebleau, Saint-Germain
et Villers-Cotterêts. Il confie la direction
des travaux à l’architecte Pierre
Lescot. Ses successeurs Henri
II et Charles
IX confirment dans sa charge le maître
d’œuvre qui édifie un palais
de style Renaissance — partie qui subsiste
à l'angle sud-ouest de la cour Carrée.
Le sculpteur Jean Goujon est quant à
lui chargé de la décoration
de la façade qu’il orne de figures
inspirées de l’art antique (divinités
et guerriers) et de l’aménagement
de la grande salle du rez-de-chaussée
(salle des Cariatides).
En 1595, Henri
IV forme pour le Louvre un «Grand
Dessein» en décidant de
raser les constructions indépendantes
situées entre le palais et celui des
Tuileries, afin de relier les deux édifices.
De ce projet seule une grande galerie, la
galerie du Bord de l'eau, est réalisée
par Louis Métezeau et Androuet du Cerceau.
En 1624, Louis
XIII confie à Jacques Lemercier
un nouvel agrandissement du palais : l’architecte
construit l’aile droite du Louvre ainsi
que le pavillon de l’Horloge, dont les
quatre paires de cariatides sont l’œuvre
du sculpteur Jacques Sarazin et, à
sa suite, de Gilles Guérin.
En 1667, Louis
XIV confie à Louis Le Vau et Claude
Perrault le soin |
de fermer la cour Carrée
par la construction des ailes est, nord et
sud.
Le second réalise en particulier l'imposante
colonnade de la façade orientale —
alors entrée principale du palais —
qui s'affirme d'emblée comme le manifeste
du style Louis
XIV.
La décoration intérieure des
appartements et galeries est laissée
aux mains des artistes Charles Le Brun, Giovanni
Francesco Romanelli et Nicolas Poussin : la
galerie d’Apollon allie avec élégance
stucs, rinceaux et peintures allégoriques
alors que les appartements de la reine sont
réalisés dans le pur baroque
italien. Les travaux d’aménagement
du Louvre cessent lorsque le roi choisit définitivement
Versailles pour résidence et centre
du pouvoir en 1682.
Après le départ de Louis
XIV pour Versailles, le palais est laissé
à l’abandon pendant près
d’un siècle, abritant une partie
des collections royales, les Académies,
et accueillant des artistes séjournant
en France.
Aussi, au milieu du XVIIIème siècle,
l'idée prend-elle forme d'ouvrir les
collections au public.
C’est finalement sous la Révolution,
le 10 août 1793, que le Louvre devient
musée national sous le nom de «Muséum
central des Arts», avec à sa
tête le peintre Jacques Louis David.
Durant le Premier Empire, Napoléon
Ier demande à ses architectes Charles
Percier et Pierre Fontaine d’élever
entre le Louvre et les Tuileries un arc de
triomphe à la gloire de la Grande Armée,
l’arc de triomphe du Carrousel (1808).
Le XIXème siècle voit également
la construction de l'aile nord — que
longe la rue de Rivoli — et l'accomplissement
du dessein d'Henri
IV, puisqu'en 1843 un décret organise
l'évacuation des habitants du quartier
compris entre le Louvre et les Tuileries.
En 1852, Napoléon III décide
d’une nouvelle extension du palais autour
d’une vaste cour en U — la cour
Napoléon — que prolongent deux
ailes parallèles à la Seine
(au sud) et à la rue de Rivoli (au
nord).
C’est à cette époque qu’est
notamment construit le pavillon de Flore,
à l’extrémité de
l’aile sud.
À la fin du XIXème siècle,
le palais est achevé et s'ouvre, après |
l'incendie et la démolition
des Tuileries (1871-1882), sur le jardin des
Tuileries.
Un siècle plus tard, sous la présidence
de François Mitterrand, est lancé
un nouveau projet architectural de grande
envergure : offrir aux riches collections
du musée un écrin occupant la
totalité du palais. Coordonnés
par l’Établissement public du
Grand Louvre (EPGL) créé à
cette occasion, les travaux de restauration
et d’aménagement du Grand Louvre,
débutés en 1981, s’achèvent
en 1999. Doublé par rapport à
sa surface initiale, l’espace d’exposition
est dès lors de 60 000 m².
Au centre de la cour Napoléon a été
érigée une grande pyramide de
verre, œuvre parfois controversée
de Ieoh Ming Pei ; modèle d’alliance
réussie entre une architecture moderne
et un bâti historique, elle sert depuis
1988 d’entrée principale du musée
dont les espaces souterrains ont également
été aménagés :
un auditorium, des galeries d'expositions
temporaires, une galerie marchande (le Carrousel
du Louvre), un parc de stationnement. Inaugurée
en novembre 1993, la spacieuse aile Richelieu
— qui abritait jusqu’alors le
ministère des Finances — accueille
désormais des œuvres de grande
dimension, comme les taureaux ailés
assyriens du palais de Khorsabad. Ces transformations
visent à accueillir un public toujours
plus nombreux : 6 millions de personnes visitent
en effet le Louvre chaque année et
peuvent bénéficier des multiples
activités proposées par le musée
(découverte des collections, projections,
conférences, ateliers, etc.).
Cependant, les activités du musée
ne se limitent pas à la conservation
et à l'exposition des œuvres au
public. Il y est aussi fait œuvre de
restauration et d'analyses scientifiques,
notamment avec le laboratoire de recherche
des musées de France. Le musée
publie également des catalogues et
des brochures, en particulier la Revue du
Louvre qui présente les nouvelles acquisitions
et fournit des informations sur les autres
musées français. |