La
construction du couvent qui abritera le
noviciat de Dominicains, également
appelés Jacobins du fait que leur
première maison était rue
Saint-Jacques, interviendra entre 1735 et
1739. La façade de l'église,
dessinée par un religieux du couvent
nommé le Frère Claude, sera
élevée en 1766. Les paroissiens
inaugureront le grand orgue de François-Henri
Cliquot en 1771.
L'Assemblée Nationale modifia la
carte des paroisses parisiennes le 4 février
1791, en supprimant 27 d'entre elles et
en en créant 9 nouvelles. L'église
du couvent Saint-Dominique, érigée
en paroisse en même temps que Saint-Germain-des-Prés,
sera rebaptisée Saint-Thomas-d'Aquin
et étendra son influence sur une
partie de l'emprise de la paroisse Saint-Sulpice,
dont dépendait jusqu'alors le récent
faubourg Saint-Germain.
L'édifice fut dépouillé
de ses tombeaux et oeuvres d'art durant
la Révolution, comme la plupart des
lieux de culte au cours de cette période.
La bibliothèque de 14.000 volumes
du couvent contigu, aujourd'hui affecté
à des services de l'Armée,
fut également pillée. Les
moines seront expulsés par un décret
de la Ville de Paris en date du 23 février
1792 et les bâtiments conventuels
transformés en Musée de l'Artillerie,
premier musée militaire de la capitale.
L'église, transformée en Temple
de la Paix, sera attribuée au Théophilanthropes
en 1797, puis au Club des Jacobins. Les
fonds baptismaux auraient été
érigés en 1797 et bénis
en 1798, le 3 Frimaire de l'An VI.
Remise en état entre 1800 et 1802,
l'église sera rendue au culte en
1803. On y baptisera Joséphine de
Marescot le 10 juin (21 Prairial de l'An
XI), qui aura pour parrain et marraine Napoléon
Bonaparte et Joséphine Tascher de
la Pagerie. Ces derniers signeront le registre
paroissial.
Elle recevra, le 26 décembre 1804,
la visite du pape Pie VII venu à
Paris pour le couronnement de Napoléon
Ier.
Blondel exécuta les peintures murales
de la chapelle Saint-Louis en 1841, de la
coupole en 1845, de l'autel Saint-Vincent-de-Paul
en 1848 et de l'autel de la Sainte Vierge
en 1851.
L'église compta de nombreux paroissiens
célèbres, parmi lesquels Claude
Nicolas Ledoux, la mère de l'Empereur
(madame Laetitia), Eugène de Beauharnais,
Talleyrand, Cambacérès, Lucien
Bonaparte, Madame de Staël, Madame
Récamier, Delacroix, Chateaubriand,
Marie d'Agoult, le maréchal Bugeaud,
Huysmans, Montalembert, Louis Veuillot,
Alphonse Daudet, Marc Sangnier, Guillaume
Apollinaire et Bernanos.
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