| Ce cimetière,
qui doit son nom au père de La Chaise,
confesseur de Louis
XIV, fut aussi un haut lieu tragique
de l'Histoire de France : le 28 mai 1871,
les Versaillais exécutent 147 fédérés,
mettant un terme sanglant à la Commune.
Le "mur des Fédérés"
témoigne de ce sanglant épisode
historique.
On oppose la partie la plus ancienne et
la plus accidentée du site (classé
en 1962) correspondant à l'ancien
domaine des jésuites et traitée
à l'anglaise, affirmant son caractère
romantique , à la partie supérieure
s'étendant sur le plateau grâce
aux acquisitions foncières plus récentes
dont l'aspect géométrique
est incontestablement moins séduisant.
Notre circuit n'offre qu'une petite sélection
des personnalités inhumées
dans ce vaste cimetière (plan à
l'entrée).
Mais, en premier lieu, au départ
de la place Gambetta, nous différons
l'entrée dans le cimetière
en le longeant au nord par le charmant square
Samuel-de-Champlain qui occupe une superficie
de plus de 1 ha plutôt pentue : créé
en 1899, il abrite quelques arbres remarquables
dont un frêne à feuilles simples
et un érable de Montpellier.
Nous entrons dans le cimetière du
Père-Lachaise par la porte des Amandiers.
Avenue des Peupliers, sur la droite, la
chapelle familiale où repose le peintre
Georges Seurat (mort le 29 mars 1891 à
31ans), théoricien du divisionnisme.
Prendre à droite le chemin d'Ornano
qui mène à l'avenue Circulaire
: sur la gauche, le monument sobre et élégant
de Colette (1954). Sur la gauche, l'avenue
principale est bordée par les monuments
de l'architecte Visconti (1853), du musicien
Rossini (1868), du tombeau d'Alfred de Musset
(1857), devant lequel est planté
un petit saule comme le souhaitait l'écrivain,
et du mausolée de Haussmann (1891),
le baron qui transfigura Paris.
Au bout de l'allée, le monument aux
morts réalisé par Bartholomé
est un ossuaire abritant les restes issus
des tombes abandonnées. On remonte
par une petite allée latérale
qui conduit à l'esplanade bordée
par le monument du peintre de Napoléon
1er , Louis David (1825), orné d'un
médaillon. A proximité de
la chapelle, se dresse le gigantesque mausolée
d'Adolphe Thiers (1877), victime d'un attentat
lors de la célébration du
centenaire de la Commune en 1971.
Le long du chemin Denon, le tombeau fleuri
de Frédéric Chopin (1849)
est joliment agrémenté d'une
pleureuse et d'un médaillon réalisés
par Clésinger, le gendre de George
Sand. La tombe du musicien Michel Petrucciani
(1998) fait face à celle, très
discrète, de l'écrivain et
humoriste Pierre Desproges (1988).
On emprunte ensuite le chemin Méhul
jusqu'à l'avenue Casimir Périer
qu'il faut traverser en direction du monument
qui abrite depuis 1817 les restes à
jamais réunis des amants les plus
célèbres du Moyen Âge,
Héloïse (1164) et Abélard
(1142).
En revenant sur ses pas, on suit le chemin
Serre puis, à gauche, le chemin Maison
et le chemin Lauriston: une des tombes les
plus visitées (et surveillées)
du Père-Lachaise est celle de Jim
Morrison (1971), poète et chanteur-leader
des Doors, mort à Paris. Il faut
ensuite emprunter le chemin de Lesseps jusqu'au
carrefour, puis le chemin de la Bédoyère
et remonter à gauche par le chemin
Talleyrand pour rejoindre les gros pavés
de l'avenue des Acacias: tombeau de Gouvion-Saint-Cyr
(1830) puis« l'obélisque»
de Scribe (1861). À partir de l'avenue
transversale n° 1, un chemin livre l'accès
aux sarcophages de Molière (1673)
et de La Fontaine (1695) ; l'auteur dramatique
voisine avec le fabuliste depuis la réinhumation
en 1817 de leurs restes; on est en droit
de mettre en doute leur authenticité...
Non loin de là, sont enterrés
les peintres Honoré Daumier (1879),
Jean-Baptiste Camille Corot (1875) et Daubigny
(1878).
Au bord du chemin du Quinconce, la tombe
discrète de Mouloudji (1994). Plus
loin, on retrouve Rosine Bernard, plus connue
sous le nom de Sarah Bernhardt (1923). On
rejoint l'avenue Carette puis l'avenue transversale
n° 2 : sur la gauche, la tombe de Victor
Noir, journaliste abattu le 10 janvier 1870
par le prince Pierre Bonaparte, dont le
gisant est l'objet d'un culte particulier
de la part des femmes stériles ou
insatisfaites...
Avenue Greffülhe puis allée
transversale n° 3 : dans la descente,
sur la gauche, la tombe d'Édith Piaf
(1963). On rejoint l'avenue Circulaire:
le secteur du mur des Fédérés
est dédié principalement aux
nombreuses victimes de la barbarie nazie,
aux communards et aux communistes. Le plus
célèbre des communards enterrés
ici reste Jean-Baptiste Clément (1903),
l'auteur du Temps des cerises qui
fut aussi maire de Montmartre à partir
du 26 mars 1871. Quant aux communistes,
ils se succèdent le long de l'avenue
Circulaire : Maurice Thorez (1964), Jacques
Duclos (1975), Marcel Cachin (1958), Paul
Éluard (1952) et Paul Vaillant-Couturier
(1937).
On y voit aussi les monuments émouvants
des déportés de Ravensbrück,
d'Auschwitz-Birkenau, de Dachau, etc.
Avenue Carette, le beau monument d'Oscar
Wilde (un sphinx sculpté par Epstein),
écrivain irlandais mort à
Paris en 1900, est couvert de traces de
rouge à lèvres, des témoignages
d'admiration sincère qui semblent
perturber sa descendance, qui s'obstine
à nettoyer le tombeau.
Avant de pénétrer dans le
columbarium, presque au bout de l'avenue
Aguado, sont réunis l'actrice Simone
Signoret (1985) et le chanteur-acteur Yves
Montand (1991), l'un des couples d'artistes
les plus prestigieux du XXème siècle.
Le vaste columbarium-crématorium
a été construit par Jean-Camille
Formigé à partir de 1886 dans
le style néo-byzantin et inauguré
le 27 avril 1889 : y sont entreposées
les cendres de la danseuse Isadora Duncan
(1927), de l'écrivain humoriste Pierre
Dac (1975), du cinéaste Max Ophuls
(1957) et du peintre Max Ernst (1976), entre
autres.
En poursuivant l'allée transversale
n° 2, sur la droite, on découvre
le monument en granit noir de l'écrivain
Marcel Proust (1922).
Il faut alors traverser la division 86 où
se dresse la belle stèle du poète
Apollinaire
(1918). L'une des tombes les plus visitées
et les plus fleuries est celle d'Allan Kardec
(1804-1869) : le fondateur du spiritisme,
qui gît sous un «dolmen»
orné d'un buste signé Capelaro;
son tombeau fait l'objet d'une grande vénération
de la part de nombreux amateurs des sciences
occultes.
Avenue Delacroix, un monument en lave de
Volvic a été élevé
à la mémoire du peintre Delacroix
(1864). En poursuivant la boucle, on découvre
la tombe de l'écrivain Gérard
de Nerval (1855) qui fait face à
l'un des plus illustres défunts du
Père Lachaise, Honoré de Balzac
(1850) ; on doit son buste à David
d'Angers. L'immense auteur de la Comédie
humaine est enterré avec Mme Hanska,
sa maîtresse polonaise qui devint
sa femme quelques mois avant sa mort.
Il faut ensuite remonter l'avenue des Thuyas
puis l'avenue Circulaire pour sortir porte
Gambetta et retrouver l' animation parisienne
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