| Cette
avenue, dominée par l’Arc
de Triomphe est devenue le symbole de
la gloire des armées françaises
; le défilé militaire du 14
Juillet s’y déroule en effet
chaque année.
L’avenue des Champs-Élysées
a été tracée par l’architecte
André Le Nôtre en 1670. Appelé
«Grand-cours» puis Champs-Élysées,
l’axe qui débutait au jardin
des Tuileries a été prolongé
jusqu’au sommet de la montagne de
Maillot, en 1710, puis jusqu’à
la porte du même nom, en 1774. L’avenue,
obscure, était alors peu fréquentée.
C’est à partir de 1779 seulement
qu’elle a commencé à
attirer les Parisiens grâce à
ses nombreux restaurateurs et limonadiers
et ses jeux de paume et de boules. C’est
probablement lors du second Empire que l’artère
a connu sa période la plus faste,
puisque des familles telles que les Pereire,
les Rothschild et des proches de l’empereur
Napoléon III s’y sont installés.
Au XXème siècle, l’avenue
s’est progressivement transformée
en un quartier résidentiel accueillant
de nombreux commerces de luxe (Vuitton,
Guerlain, Lanvin, etc.), ainsi que des concessionnaires
de voitures. Les premières galeries
marchandes ont été construites
après la Grande Guerre et les salles
de cinéma se sont rapidement multipliées.
Après la Seconde Guerre mondiale
toutefois, certains commerces de luxe se
sont déplacés vers d’autres
avenues du quartier, laissant la place aux
compagnies aériennes notamment.
Il y a quelques années, la ville
de Paris a remodelé la physionomie
particulière de cet axe — abandon
des contre-allées rendues aux piétons,
plantations d’arbres, etc., parfaite
illustration de la majesté dont la
capitale s’enorgueillit encore aujourd’hui.
Longue de 1,915 km, large de 71 m, elle
a bénéficié d'un lifting
coûteux (250 millions de francs) mais
nécessaire en 1994, avec l'intervention
de Bernard Huet (architecte), Jean-Michel
Wilmotte et Norman Foster (mobilier urbain).
En descendant "les Champs" par
le trottoir des numéros impairs,
on passe devant le drugstore Publicis (n°
133), fondé en 1962, reconstruit
suite à un incendie en 1972, l'Office
de tourisme de la Ville de Paris (n°
127) et le Fouquet's (n° 99), une institution
qui fut le premier restaurant de l'avenue,
dès 1840 mais qui porte son nom actuel
depuis 1901 : l'endroit fréquenté
par toutes les célébrités
du spectacle est classé depuis 1991.
Près du Gaumont-Marignan (n°
27), des plaques signées par quelques
célébrités du cinéma
(Michèle Morgan, Claude Lelouch,
Agnès Varda, etc.) avaient été
apposées sur le trottoir à
l'occasion du Festival du film de Paris
2000.
L'hôtel de la Païva (n° 25)
a été construit vers 1860
pour Thérèse Lackman : cette
femme très opportuniste quitta Moscou
pour Paris où elle épousa
le marquis de Païva y Araujo avant
de suivre le sillage d'un comte très
fortuné, proche de Bismarck, qui
lui permit de faire de cette modeste demeure
le plus bel hôtel particulier parisien,
dessiné par Pierre Manguin et décoré
par Carrier-Belleuse, Dalou et Baudry.
Passé le rond-point des Champs-Elysées,
dessiné en 1670 mais aménagé
qu'en 1815, on pénètre dans
la zone verte des Champs. Les jardins des
Champs-Elysées ont été
réhabilités entre 1830 et
1840 par Hittorff, auteur des restaurants
Ledoyen et Laurent, seuls pavillons de cette
époque à nous être parvenus.
L'endroit est alors à la mode et
les Parisiens raffolent de ces «panoramas»,
assemblages de toiles peintes procurant
des sensations certaines pour les spectateurs
placés au centre de ce paysage à
360°. Le théâtre du Rond-Point
a élu domicile dans un de ces anciens
panoramas construit par Davioud vers 1860.
relancé dans les années quatre-vingt
avec l'installation de la compagnie Renaud
Barrault.
Un bel hêtre pourpre pleureur se dresse
devant le Grand Palais.
Le palais de la Découverte a été
créé en 1937 par le physicien
Jean Perrin dans une aile du Grand Palais
avec comme mission la vulgarisation scientifique
grâce a des expériences pratiquées
dans des domaines aussi variés que
la médecine, la biologie, la physique,
la chimie ou l'astronomie. Le planétarium
se trouve au second niveau et a été
réaménagé dans les
années quatre-vingt.
En bordure de la place du Canada, un érable
à sucre a été offert
dans les années soixante à
la Ville de Paris par le maire de Montréal,
Jean Drapeau. Non loin de là, la
fontaine du Rêve-du-Poète immortalise
Musset. La façade sud du Grand Palais
surplombe le petit square Jean-Perrin, un
endroit charmant avec sa grotte aménagée,
sa pièce d'eau et son petit pont.
Plus loin, de magnifiques platanes s'élèvent
à l'angle sud-est du Grand Palais.
Le Grand Palais a été édifié
par Henri Deglane, Albert Louvet et Alben
Thomas pour l'Exposition universelle de
1900 sur l'emplacement du palais de l'Industrie
(Exposition de 1855).240 m de long, 45 m
de haut, telles sont les dimensions de cet
édifice colossal où la hardiesse
de la grande halle en fer et de la coupole
s'oppose à l'académisme de
son imposante façade à colonnades.
Cet espace dédié aux actions
culturelles est rénové depuis
1994.
Plus discret, le Petit Palais a été
construit entre 1897 et 1900 par Charles
Giraud dans un style plutôt académique,
malgré sa majestueuse colonnade ionique
et son joli dôme. Il héberge
depuis 1902 les collections artistiques
de la Ville de Paris. On peut y admirer
un Rubens, des Courbet (dont le fameux Autoportrait
au chien noir), des oeuvres de Corot
ou de Delacroix.
À l'origine du célèbre
restaurant Ledoyen, une guinguette nommée
«le Dauphin» louée
dès 1791 par Antoine Nicolas Doyen.
L'actuel édifice date de 1848 et
a été élevé
par Hittorff dans le cadre du réaménagement
des jardins des Champs-Élysées.
Ce prestigieux établissement propose
deux formules : gastronomie de haut niveau
au premier étage, cuisine plus simple
et plus abordable au rez-de-chaussée.
Les célèbres chevaux de Marly
de Guillaume Coustou veillent depuis 1795
sur l'entrée de la place de la Concorde.
Ce sont en fait des copies que le promeneur
peut actuellement admirer. Initialement
réalisés pour l'abreuvoir
du château de Marly, les vrais chevaux
sont préservés de l'érosion
depuis leur restauration et leur mise à
l'abri au Louvre en 1984. |