| Le
centre Beaubourg doit son existence à
la volonté du président Georges
Pompidou de créer un véritable
centre culturel en plein Paris dès
1969. Parmi les 681 projets présentés,
c'est celui résolument moderne de l'Italien
Renzo Piano et de l'Anglais Richard Rogers
qui fut retenu.
Le monument mesure 166 m de long sur 60 m
de large et 42 m de hauteur. Il a fallu cinq
années de travaux pour le faire sortir
de terre, au cœur d'un des plus vieux
quartiers parisiens: il a été
inauguré le 31 janvier 1977, trois
ans après la disparition de son initiateur.
À l'extérieur, chaque fonction
de ce Meccano géant a sa couleur attitrée
: bleu pour l'air, vert pour les fluides,
rouge pour les transports et jaune pour le
courant électrique...
Mais cette «raffinerie de pétrole»,
qui suscita tant de critiques et de polémiques,
est devenue dès son ouverture le monument
le plus visité de France : près
de 25 000 visiteurs par jour contre les 5
000 prévus à l'origine. Récemment
réouvert après plus de deux
ans de restauration, Beaubourg propose toujours
au public ses escaliers mécaniques
plaqués contre ses flancs, sa Bibliothèque
publique d'information (entrée libre),
son musée d'Art moderne riche de 35
000 œuvres (Bonnard, Matisse, Derain,
Kandinsky, Mondrian, Magritte, etc.) installé
sur deux niveaux (4ème et 5ème
étages) et, bien sûr, son panorama
unique sur Paris depuis son belvédère.
Le monument domine la Piazza, un lieu de vie
et d'animation plutôt pittoresque.
Le Centre abrite à la fois le musée
national l'Art moderne, dont les collections
sont parmi les plus complètes du monde,
une bibliothèque encyclopédique,
des galeries d'expositions et des salles de
cinéma, de spectacles, de concerts.Amateur
d'art moderne, le président Georges
Pompidou voulait construire un grand musée
d'art contemporain et une bibliothèque
gratuite en libre accès. Bien que désapprouvant
le projet finalement retenu par le jury, il
n'a pas cherché à le mettre
en cause.
Les architectes Renzo Piano et Richard Rogers
ont voulu construire un bâtiment familier
comme une usine, ludique et intrigant, "surtout
pas un temple de la culture intimidant".La
contrainte majeure était de supprimer
tous les obstacles intérieurs pour
permettre une complète liberté
d'aménagement intérieur.Les
architectes ont utilisé la contrainte
en “sortant et en exhibant à
l'extérieur les tripes du bâtiment”
: les structures métalliques, les gaines
de circulation de couleur différente
pour l'eau (vert), le chauffage et l'aération
(bleu), l'électricité (jaune),
les circulations (rouge) ; et surtout le grand
escalier roulant dans son tube de verre.
Achevé en 1977, le centre Pompidou
s'est bien intégré dans le vieux
Paris grâce à la fois à
son respect de l'alignement traditionnel et
au contraste de ses formes et ses couleurs.
Attirant 25 000 personnes par jour, soit
beaucoup plus que prévu, y compris
une population marginale en hiver, le centre
fut en grande partie fermé jusqu'au
31.12.1999 pour effectuer des travaux de rénovation
et réorganiser les espaces d'exposition
: le musée d'art moderne a presque
doublé en surface grâce au transfert
de l'administration de l'autre côté
de la rue Rambuteau, la Bibliothèque
publique d'information occupe désormais
trois niveaux et bénéficie d'une
entrée autonome.
Le Musée national d’Art moderne
a repris les collections du musée d’art
moderne créé en 1937 au palais
de Tokyo. Enrichies d’autres donations
et de nombreuses acquisitions, les collections
ne pouvaient pas être présentées
en permanence et le roulement sur les cimaises
était important.
Le musée possède des toiles
des Fauves, des cubistes, de Bonnard, Matisse,
Léger, de Kandinski, Klee, Malévitch,
des Delaunay, des surréalistes, de
Dubuffet, du groupe Cobra, de Giacometti,
etc. L’art depuis 1945 est représenté
par l’abstraction américaine,
les “ nouveaux réalistes ”,
le Pop Art…
La vue de Paris depuis la "chenille"
et la terrasse de café du dernier étage
est très intéressante, mais
n'offre pas un panorama circulaire.
La Bibliothèque publique d'information
(BPI) fut ouverte en 1977 en même temps
que le centre; son principe était novateur
: il s’agissait de permettre l’accès
de la connaissance au plus grand nombre en
organisant une bibliothèque ouverte
à tous, gratuite et dont les livres
sont en libre accès. Depuis novembre
1997, une petite partie de la BPI a déménagé
rue Brantôme dans le quartier de l'horloge. |