 |
Le quartier
de la Bastille (sud-est parisien) est situé
au carrefour des IVème,
XIème
et XIIème
arrondissements, sur la rive droite de la
Seine.
Caractérisée par la présence
de nombreux ouvriers depuis le début
du XXème siècle, la Bastille
connaît depuis une vingtaine d’années
un renouveau économique et culturel,
attirant notamment dans les rues alentour
(rue de Lappe, rue de la Roquette) des restaurants,
boutiques et galeries d’exposition.
La Bastille devient l'un des quartiers "branchés"
de Paris. La construction, en 1989, de l’Opéra-Bastille
sur le site de l’ancienne gare de
Vincennes, en a par ailleurs profondément
remodelé l’architecture. |
| La
place, qui occupe l’emplacement même
de la citadelle militaire de la Bastille,
a été créée
en 1803 et a trouvé sa physionomie
actuelle dès la seconde moitié
du XIXème siècle.
La Bastille est aujourd’hui dominée
par le génie de la Liberté
qui trône au sommet de la colonne
de Juillet.
C'est une loi de 1830 qui décida
la mise en place de la colonne de Juillet,
élevée à la mémoire
des victimes des Trois Glorieuses (27, 28
et 29 juillet 1830), un mouvement révolutionnaire
qui poussa Charles
X à abdiquer. Inspirée
par la colonne Trajane, elle fut inaugurée
le 28 juillet 1840 : son fût en bronze
haut de 47 m, sur lequel sont gravés
les noms des 504 victimes des journées
de juillet 1830, est surmonté d'une
statue dorée, le Génie de
la liberté, œuvre d'Augustin
Dumont.
Le soubassement de la colonne abrite les
restes des victimes de juillet 1830 auxquels
ont été ajoutées celles
des journées de février 1848
qui menèrent au départ de
Louis-Philippe
et à la naissance de la IIème
République. La place de la Bastille
demeure un symbole fort de la démocratie
et de la liberté françaises.
Avant la Révolution Française
s'élevait sur cet emplacement une
prison. La "prise de la Bastille"
fut en effet un événement
symbolique du déclenchement de la
Révolution Française.
Le 14 juillet 1789 au matin, la foule
en colère investit la sinistre prison
de la Bastille, symbole honni du pouvoir
royal : il n'y a pourtant plus que sept
prisonniers à délivrer dont
un fou qui prit directement le chemin de
Charenton... Toutefois, ce fait divers allait
acquérir au fil du temps une dimension
éminemment symbolique pour devenir
l'un des évènements majeurs
de la Révolution française.
L'édifice, qui se dressait un peu
à l'est de l'actuelle place, avait
été construit entre 1367 et
1382 pour renforcer la défense orientale
de Paris : sa première pierre fut
posée par le prévôt
Hugues Aubriot et la légende veut
que ce dernier, disgracié, en fut
le premier hôte... Il était
haut de 24 m et défendu par huit
tours.. l'emplacement d'une tour est matérialisé
au n° 49 de l'avenue Henri-IV. Par ailleurs,
on peut voir les vestiges de la tour de
la Liberté près du square
Henri-Galli .. découverts lors de
la construction du métropolitain,
ils furent remontés à cet
endroit en 1899.
Sous Richelieu, la Bastille devint
une prison célèbre : on y
enferma le Masque de fer qui, on le prétend,
n'était autre que le frère
jumeau de Louis
XlV comme l'assurait Voltaire qui goûta,
lui aussi, à l'hospitalité
du lieu, en 1717, au temps où une
simple lettre de cachet ( abolie en 1784)
vous y conduisait. L'aventurier Jean Henry
de Latude (17251805) y passa 28 années
de sa vie, ponctuée de 3 évasions
spectaculaires ! Le marquis de Sade y séjourna,
tout comme Cagliostro, Fouquet, Mirabeau,
entre autres.
La forteresse fut démolie lentement
mais sûrement, l'opération
étant suivie de très près
par un personnage curieux nommé Palloy,
ce dernier eut tout simplement l'idée
de revendre les pierres de la Bastille comme
de vulgaires reliques. D'autres éléments
de la prison servirent à construire
le pont de la Concorde.
La colonne de Juillet
Entre 1813 et 1847, les Parisiens pouvaient
voir place de la Bastille, non loin de l'emplacement
de l'actuel Opéra, un éléphant
monumental ornant une fontaine commandée
par Napoléon 1er en 1808 et réalisée
par le sculpteur Bridan cinq ans plus tard.
Haut de 14,60 m et long de 16,20 m, ce curieux
monument fut vite laissé à
l'abandon ; dès 1831, on songea à
le détruire. Hugo, dans les
Misérables, en fit le refuge
de Gavroche. Les rats appréciaient
particulièrement ce gîte :
lors de sa démolition par Visconti,
en 1847, ils furent des milliers à
s'échapper des ruines et terrorisèrent
le quartier pendant quelques temps...
|