André
Devambez
(1867-1944)
La Charge
1902-1903
Huile sur toile
H. 1,27 ; L. 1,62 m
La Charge d'André
Devambez représente un affrontement
entre le pouvoir et des manifestants. L'appartenance
politique de ces derniers n'est guère
identifiable : il peut s'agir d'anarchistes
ou de syndicalistes mais aussi bien de nationalistes
ou d'antidreyfusards ce que le lieu représenté
(boulevard Montmartre) et la date de réalisation
laisseraient supposer.
Plus sûrement, Devambez cherche ici
à représenter l'archétype
de la manifestation et de sa confrontation
avec les forces de l'ordre. L'atmosphère
nocturne, qui correspond à une réalité
historique (on manifeste le soir, après
la journée de travail), met en valeur
les inquiétudes nées de "l'âge
des foules" qu'étudie le sociologue
Gustave Lebon. Les agents de police chargent
avec méthode, révélant
une redoutable efficacité. Le tableau
figura longtemps dans le bureau du préfet
Chiappe (1927-1934), amateur d'ordre et
spécialiste de la répression
des manifestations de rue. Son point de
vue en plongée est à comparer
avec celui de Monet dans La
Rue Montorgueil. Il s'organise
autour d'une diagonale dynamique, avec la
dispersion de la foule autour d'un centre
vide représenté par le réverbère
et confronte l'ambiance dramatique et gris-noir
de la rue à l'atmosphère insouciante,
colorée et lumineuse des trottoirs.